"Venise, ville fermée. Elle se laisse clicher,
visiter, traverser, mais elle se refuse. Rien de plus émouvant,
dans les vieilles photos de la fin du siècle dernier ou
du début du nôtre, que les moments où la foule
est dehors, soudain, noire, passionnée, sans âge,
pour les vrais événements : marchés, processions,
régate, visite annuelle rendue aux morts. [...] Les mots,
ici, veulent vivre, résonner, se recharger, parler d'eux-mêmes
comme s'ils étaient prononcés par l'air, comme s'ils
émanaient directement de lui, sens, rythme, musique. Du
bon usage à Venise : choisir son quartier, son pont, son
ponton, son quai, son jardin, ne plus bouger, lire ou écrire.
On circule les premières fois que l'on vient, on court
partout, on veut tout voir. Ensuite, à quoi bon? La partie
est aussi grande et profonde que le tout, l'ensemble est présent
dans chaque fragment, comme un bon livre, un bon tableau, un bon
madrigal, un bon concerto. Matin, matinée, midi, soirée,
nuit, autant de théâtres indépendants dans
le théâtre [...]."
Philippe Sollers, Éloge de l'infini, 2001.
 |
|
Gondole sur le Grand Canal... |
Gondoles sur un canal, dans le quartier de San Marco... |
|
 |
 |
|
Grand Canal... |
Gondole et vaporetto
sur le Grand Canal... |
|
 |
 |
|
Gondole dans le quartier de Cannaregio... |
Canal, dans le quartier
de San Marco... |
|
 |
 |
|
Casanova, devanture d'une boutique de masques,
dans le quartier de San Polo... |
Balade en gondole en
face sur la rive opposée de la Ca' Rezzonico, Grand
Canal... |
|
 |