
Le moins que l'on puisse dire c'est que les bus chiliens n'ont pas leur semblable. D'un confort remarquable, ils nous ont permis de dormir douze heures durant.
Et quelle surprise, notre nuit une fois passée, nos rideaux ouverts, d'entrevoir des paysages jusqu'alors inconnus. Aridité exemplaire, sols rocailleux à perte de vue avec pour horizon la cordillère des Andes.
Il nous aura tout de même fallu 24 heures pour
rejoindre San Pedro de Atacama. Fidèle à l'ensemble
des villes que nous avons traversées, San Pedro de Atacama
présente une succession de maisons mitoyennes de plein pied.
La différence notable, et pas des moindres, à en juger
par le charme apporté, réside dans les matériaux
utilisés. Affichant fièrement sa situation désertique,
chaque bâtisse est construite d'adobe, sorte de terre cuite
très maléable. Et c'est tout naturellement, maléabilité
oblige, que l'imagination s'exerce, et qu'elle influe sur les aménagements
intérieurs.
Et toujours la gentillesse chilienne............................
Non loin du centre ville, quelques ruines datant du XIIe siècle, érigées à dos de colline, offrent l'opportunité d'un beau coucher de soleil. Seul inconvénient, c'est que la nuit tombe vite, qu'elle se fait très noire dans cet environnement désertique. Le retour fut donc beaucoup plus rapide que l'aller!
Réveillés 06h45, coq oblige. Petit inconvénient:
les coqs ne semblent réveiller que nous. La ville dort encore.
La journée débute par une balade à cheval dans les environs de San Pedro de Atacama. Le bon vieux "guide du routard", ami fidèle des francophones, conseille largement le "Rancho Cactus", tenu par une française (Valérie, ranchocactus@sanpedroatacama.cl). La balade aura non seulement le mérite de nous immerger davantage dans l'environnement, de goûter au plaisir du cheval (même si le fessier en prend un coup), mais surtout de nous apporter de multiples explications sur la vie communautaire locale.
Petit conseil de notre guide matinal, Valérie, sur la manière
de s'accoutumer à l'altitude : faire du sport. Dans les prochains
jours, la traversée du Sud bolivien, nous obligera à
atteindre les 5000 mètres d'altitude. Autant s'y préparer.
Nous voilà donc parti pour une marche de 4 heures sous le cagnard traversant une vallée, en quête de la "quebrada del diablo", la gorge du diable.
L'expérience nocturne de la veille nous poussera à prendre le chemin du retour au plus vite, en écourtant notre visite de la gorge et en nous essayant tant bien que mal à la traversée d'une rivière pieds nus, en payant les conséquences d'une insolation (une bonne montée de fièvre) et supportant un mal de fesses induit du matin...
Bref, notre virée à vélo que nous avons prévue pour demain risque belle et bien d'être annulée!
Complètement ravigotés, notre virée à
vélo peut s'exercer à la découverte de la "Vallée
de la Luna". Le nom est assez porteur, il s'agit de paysages
lunaires, plus explicitement de dunes entrelacées dans des
roches argileuses abruptes. Le spectacle est saisissant.
Comme tout site environnant, sa découverte se mérite. Pour la vallée de la lune, ce ne sera pas la crainte d'un retour nocturne, pas plus celle de pieds trempés et gelés, mais plutôt celle d'un mal de fesses considérablement aggravé par un tour à vélo sur une route cahoteuse.
Dans ce cadre, quel bonheur, l'après-midi, de profiter d'un van pour visiter les salar d'Atacama et leur réserve naturelle de flammants roses.
Si nous sommes déçus d'observer les oiseaux de trop loin, nous sommes bels et bien impressionnés par la masse saline de l'espace et le volume important des cristaux de sel.


Notes avant de quitter le Chili
Au Chili, l'ensemble des sites payants profite aux communautés rurales. Il est très satisfaisant de constater que le profit réalisé est parfois bien ré-investi. L'aménagement du salar d'atacama en est un exemple notable (chemins, poubelles, toilettes,...)
A propos de la gentillesse de la population chilienne. Les Chiliens ne sont pas entrevenants. Leur sympathie se dévoile lorsque nous effectuons le premier pas. Un fois franchi, chacun s'ouvre facilement.