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Le Laos du Nord au Sud

Une traversée du nord au sud, en regrettant de ne pas pouvoir s’enfoncer dans un nord profond (faute de temps), en regrettant de ne pas pouvoir s’approcher davantage du sud-est (saison des pluies oblige)

Le Laos fait partie intégrante de ces expériences dépaysantes. A jamais, il restera gravé dans nos mémoires car s’il est vrai qu’un nombre important de rumeurs (conséquence d’une censure trop importante), pour la plupart vérifiées, nous ont quelque peu effrayé, nous avons été marqués par sa population nordique, on ne peux plus charmante, totalement désintéressée à l’égard de notre patrimoine financier. A repenser son homologue thaïlandais, nous n’avons jamais eu souvenir, par exemple, de compter l’addition pour y ajouter les quelques lignes que les vendeurs oublient d’apposer systématiquement... L’héritage communiste, les influences religieuses bouddhistes jouent probablement en faveur d’un tel phénomène. Ici, la recherche du profit n’est pas un objectif prioritaire. Chacun a son bout de terrain et peut subvenir, même difficilement, à ses besoins. Chacun prend le temps de vivre. Et puis, de toute façon, à constater le peu de biens de consommation, nous n’entrevoyons que difficilement ce à quoi l’argent pourrait bel et bien servir. Enfin bref, nos repères se sont effondrés ! Des leçons de vie, voilà ce que nous avons acquis !

Les laotiens ne détiennent rien mais ils ont, pourtant, tant de chose à offrir ! ! !

Dans ce pays, il compte davantage de se laisser aller à prendre connaissance des us et coutumes locales, de se prendre de sympathie pour quelques personnages,... Le pays offre des paysages naturels à couper le souffle, paysages dans lesquels nous nous sentons parfaitement intégrés. Bref, où que nous nous trouvons, nous sommes chez nous. Un bain de nature et de simplicité, tel est ce que le Laos promet.

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Le 22 avril 2000, Houeisai

Ah !!! Le Laos. Nous y parvenons enfin. De l’autre rive, on le voyait développé, il en est tout autrement sur place.

Après avoir règlé les formalités douanières, nous prenons le chemin de l’embarcadère où nous espérons prendre un bateau pour Luang Prabang. Tout est plus simple que ce que laissait entendre notre guide. Nous embarquons quasi-immédiatement.

La descente du Mekong est très agréable. Le fleuve est peu mouvementé. Il traverse les montagnes. Le paysage est somptueux. Les enfants laotiens n’ont de cesse de nous saluer, sourire aux lèvres, bien entendu. Les paysans pratiquent la culture sur brulis qui ne semble pas pour autant perturber la végétation en perpétuelle expansion.

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Le soir, nous faisons halte à Pakbeng. Une vision malsaine du Laos nous empare. Sitôt sortis du bateau, des gens proposent de la drogue, des enfants mendient, les chambres à coucher sont déplorables. Ce bourg étant un passage obligatoire, les habitants profitent de la situation.

Le 23 avril 2000, Pakbeng

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Deuxième jour de bateau... Paysage toujours somptueux. Six heures nous seront nécessaires pour rejoindre Luang Prabang.

L’architecture des bâtiments témoigne du passé colonial subi. La ville se présente du plus bel aspect, les gens des plus sympathiques. Pakbeng est déjà oubliée et le Laos se promet déjà merveilleux.

Le 24 avril 2000, Luang Prabang

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Départ pour les chutes de Kuang Si. Une heure de Tuk-Tuk dans des chemins escarpés. Les routes goudronnées ne sont, ici, pas existantes. Nous traversons quelques villages.Arrivée aux chutes. Le site est féerique. C’est de loin les plus belles que nous ayons pu voir à ce jour. Plusieurs niveaux sont accessibles jusqu’au sommet, où l’on peut voir le cours d’eau qui alimente les chutes. De toutes parts, l’eau prend une couleur émeraude. Petite baignade et visite d’un village à proximité : le village de Ban Tha Baen. Quelques chutes s’y déversent. Les gens sont tous à l’œuvre. Construction de bâtisses pour les hommes et artisanat pour les femmes.

Note : le Laos est un pays jeune. Où que nous soyons, des enfants nous saluent. Dans les magasins, ils nous reçoivent, nous servent.

Le 25 avril 2000, Luang Prabang

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Promenade dans la ville. Luang Prabang détient une multitude de temples. L’un d’entre eux se trouve sur une colline, à cent mètres au dessus du sol. Nous y grimpons. La vue est superbe. Le Laos se développe gentiment. Rien à voir avec la Thaïlande où tout semble s’être construit trop rapidement. Ici, l’architecture se mêle parfaitement à l’environnement. Nous sommes sous le charme.

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Départ pour Ban Pathom, un village de tisserand alentour. Une longue marche nous est nécessaire. On assiste sur place au métier du tissage. Plus loin, une fabrique expose les productions.

Nous rentrons tranquillement en ville. Nous rencontrons un couple de voyageurs français avec qui nous passons la soirée. Ils ont déjà dix ans de voyage à leur actif et nous font partager les bons comme les mauvais moments.

Note : Nous avons des idées plein la tête. Quand on voit les tissus de qualité que produisent les Laotiens et le prix qu’ils exercent, il en faudrait peu pour se décider à ouvrir une boutique en France, où plus simplement, à rechercher des acheteurs potentiels.

Le 26 avril 2000, Luang Prabang

Le Laos cherche à développer le tourisme. Aussi, quand un touriste se fait renverser par une voiture alors qu’il faisait du vélo, il en interdit tout simplement la location. Il nous faut deux bonnes heures pour en trouver, pour repartir jusqu’au village de Ban Pathom, nous y achetons une écharpe de soie brodée a la perfection... Après réflexion, il y a tout de même quelques défauts. Nous poursuivons notre chemin pour atteindre la modeste tombe d’un explorateur francais.

Ce soir, petit restaurant français, le repas est excellent : salade de cresson, crème de potiron, pavé à la saint sylvestre, frites, gratiné de macaroni,.... La cuisine française a des saveurs que nulle autre ne détient !

Le 27 avril 2000, Luang Prabang

Allez Laeti ! Un petit effort ! Levés 5h00, direction la rue principale. Nous assistons à un défilé de moines. Sur les trottoirs, les habitants sont agenouillés afin de nourrir (principalement de riz) les bonzes. Chaque caste se présente, puis retourne respectivement dans son temple. Nous nous rendons dans l’un d’entre eux pour en apprendre davantage. Un moine nommé Boon vient à nous. A la différence de notre religion, ils ont une liberté totale dans leur choix. Novices dans un premier temps, lorsqu’ils s’en sentent prêts, ils peuvent devenir moines - "choose by yourself" -, personne n’intervient dans leur décision. Nous remercions Boon de la longue discussion qu’il nous a offerte.

Six heures de bus nous permettent de rejoindre Vang Vieng. Sur place, nous battons tous nos records... Nous payons 10 francs une chambre très honorable.

Le 28 avril 2000, Vang Vieng

Nous louons des VTT - très utiles quand on voit l’état des routes. Direction les grottes avoisinantes. Nous n’en voyons qu’une. Elle est taillée dans la chaîne calcaire que la pluie a travaillée. Cette dernière s’étire tout le long de la rivière.

La saison des pluies semble avoir débutée. Nous y avons droit tous les jours. Ce soir, l’orage est de la partie. A l’abri, nous observons le spectacle... pas désagréable, du moins pour l’instant.

Le 29 avril 2000, Vang Vieng

Nous nous essayons à l’attraction touristique locale. Il s’agit de descendre la rivière dans un pneu. Quatre heures de descente en perspective. Sur un coté, la montagne plongeante avec à son pied, une végétation verdoyante très dense. Nous avançons paisiblement en observant les alentours.

Quelques jeunes sur les bords nous révèlent la présence de serpents... Une blague de mauvais goût ! La naïveté de Laeti nous forcera a continuer notre virée à pieds.

Le soleil, bien que caché sous un ciel nuageux, aidé par sa réverbération sur l’eau, nous a atteint. C’est l’horreur ! Nous sommes quasi-brûlés. Nous irons dans les rues à la recherche d’un remède. Un falang -c’est ainsi que sont appelés les occidentaux-, installé dans le pays, nous vient en aide. Une sorte de cactus nous est conseillée : l’aloe vera. En l’ouvrant, une texture gélatineuse se dévoile. Nous n’avons qu’à nous badigeonner.

Ce soir, nouvel orage, pluies abondantes... encore !

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Le 30 avril 2000, Ang Nam Num

Départ pour Ang Nam Num. Il s’agit d’un immense lac parsemé d’îlots, favorisé par la proximité d’un barrage.

Nous trouvons un hébergement sur une île. Charmante place quand on sait qu’il n’y a pas de concurrence. Nous sommes ici en solitaire. Une petite baignade nous tente. L’eau est délicieusement chaude.

Les propriétaires détiennent un restaurant sur une autre rive. Aussi, il nous suffit d’appeler pour qu’ils viennent nous chercher à bateau. Dîner convivial à base de poisson.

Le 1er mai 2000, Ang Nam Num

La journée commence bien ! Un serpent a élu domicile dans notre salle de bain. Nous verrouillons la porte soigneusement et utiliserons dorénavant la salle d’eau commune.

Une nouvelle baignade cet après-midi nous permet de nous rafraîchir. Nous aurions presque oublié l’évènement matinal si l’orage ne nous était pas tombé dessus.

L’île qui nous semblait paradisiaque la veille prend l’allure d’un cauchemar.

De retour, trempés jusqu’aux os, nous réservons un bateau pour demain 10h.

Note : nous nous plaignons de la situation alors que les propriétaires semblent moins bien lotis que nous. Nous avons au moins de l’électricité de 18h a 22h. Ce soir, le restaurant, et donc leur domicile, étant inondé, ils nous apportent le dîner dans la pension. Charmante attention.

Le 2 mai 2000, Vientiane

Nous partons non mécontents pour Vientiane, tout en gardant un souvenir inoubliable d’Ang Nam Num. La capitale n’a rien d’une grande ville telles que nous les connaissons. Pas un building, pas un Mc Do, peu de routes goudronnées,... La ville est très paisible, à l’image d’un pays endormi. Très francisée, elle recèle de restaurants français, de vieilles maisons coloniales. Il est par ailleurs navrant de constater que l’entretien de ces dernières n’est pas assuré, faute de budget d’une part et d’intérêt d’autre part. D’une manière générale, les Laotiens laissent faire les choses, laissent la nature agir.

Le 3 mai 2000, Vientiane

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Deux nuits agitées, avec très peu de sommeil à la clef m’ont quelque peu effrayé. Selon les dires d’un couple français, dont l’un a attrapé le palu, deux nuits sans sommeil s’en sont suivies par une crise de paludisme. Il ne m’en n’a pas fallu moins pour me faire mon cinéma. Résultat : nous perdons une matinée dans un hôpital pour faire des tests... Négatif : je n’ai pas la malaria.

Nous passons l’après-midi à nous promener dans la ville. Ici encore, les tissus abondent, tous plus beaux les uns que les autres. Certains se vendent excessivement chers.

Note : le français peut être lu sur l’enseigne de la plupart des bâtiments administratifs. Pourtant, peu de Laotiens le parlent encore. Cela ne changera pas dans le futur. Nouvelle preuve d’une structure endormie.

Le 4 mai 2000, Vientiane

A 25 km au nord de Vientiane, nous espérons voir une série de grottes de pierre à chaux. Un SongThaew nous dépose à un carrefour, un tuktuk à un autre, nous devons continuer à pied. Le chemin est interminablement long : végétation très dense dans laquelle se taille une route couleur feu. Bien que l’ensemble ne manque pas d’attrait, nous rebroussons chemin et rentrons sur Vientiane. Pour ce genre d’expédition, mieux vaut se munir de ses propres moyens de locomotion.

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A nouveau, nous finissons la journée, en errant dans les rues, en observant les boutiques.

Ce soir, nous dînons dans un restaurant donnant sur le Mékong. Un bruit très sourd se fait entendre. A 200 mètres de là, une bombe soufle une boutique en totalité. Heureusement, il n’y a pas de blessé.

Note : l’explosion de la bombe parait être un phénomène totalement banal. Personne ne s’affole. Personne ne cherche même à en connaître les raisons. Certains disent qu’il ne faut mieux pas savoir. Une chose est sûre ! L’information ne sera pas divulguée.

Le 5 mai 2000, Vientiane

Avant de prendre la direction de Pakse, capitale du Sud du Laos, nous jetons un petit coup d’œil sur l’Arc de Triomphe de Vientiane.

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Jamais nous n’avons pris un bus dans de telles conditions. Nous sommes sûrement deux fois trop nombreux et devrons bien nous y accoutumer.Nous voulions descendre à Tha Kaek afin d’en visiter les environs. Pourtant, la crainte de ne pas trouver de moyen de transport nous pousse à abandonner ce choix et à favoriser Pakse comme destination. Nous prévoyons onze heures de trajet. Nous devrions arriver au petit jour.

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Le 6 mai 2000, Pakse

Des onze heures que prévoient le Lonely Planet, des seize heures dont on nous avait parlé, c’est vingt et une heures dans des conditions épouvantables que nous avons passées. En majorité, la route n’est pas goudronnée ! La pluie l’a entaillée. Il est fort probable qu’elle ne sera prochainement plus praticable.

Enfin, inutile de préciser que nous sommes très heureux d’arriver.

Pakse ne nous charme guère. C’est un point de départ pour des sites prestigieux. Nous y resterons une nuit.

Le 7 mai 2000, Champassak

Nous quittons Pakse sous la pluie. Le trajet se déroule sur le toit d’un bateau.

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Arrivée a Champassak 1h30 plus tard. La ville est bien sympathique. Nous replongeons dans cette délicieuse atmosphère laotienne. Sitôt installés, des vélos nous permettent de visiter le Vat Phu à huit kilomètres de là, un site khmer, à l’image d’Angkor, dont les plus vieille pierres datent du VIIème siècle. Le site s’encastre parfaitement dans la montagne. Il est d’autant plus attrayant au fur et à mesure de notre ascension.

Note : sur le chemin, tous les enfants nous saluent à l’occidentale. Tous nous disent "Sabadi" (bonjour). Certains viennent nous serrer la main.

Note : si un Laotien mange quelque chose, on peut être certain qu’il voudra partager son repas. Notre expérience thaïlandaise pourrait nous permettre de généraliser cette situation a l’Asie.

Le 8 mai 2000, Don Khong

Départ pour Si Phan Dom (traduction littérale de "Quatre Mille Iles"). Cette province se situe dans la pointe sud du Laos, à la frontière du Cambodge. Nous commençons par l’île principale en superficie, Don Khong.

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Peu d’habitation sur cette île, et installations modernes rudimentaires. Les gens sont encore ici et toujours fort sympathiques et très accueillants.

Note : nous sommes dans le mois le plus humide. Aussi, bien que la pluie ne tombe pas tous les jours, nous nous trouvons vite mouillés. Des goutelettes d’eau ruissellent en permanence sur notre peau.

Le 9 mai 2000, Don Khong

A vélo, il nous aura fallu la quasi-majeure partie de la journée pour faire le tour de l’île. Son centre abonde en en forêts denses et en rizières infinies. Les habitants ont élu domicile sur les rives. L’île se suffit à elle-même. Les récoltes, les bovins, la pêche et autres suffisent à nourrir la population.

Le 10 mai 2000, Don Khon

Aujourd’hui transport. Bateau, bus, bateau nous servent a rejoindre l’île de Don Khon à la frontière cambodgienne.

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Note : petit piège à l’approche de Don Khon, quand on exige de nous le prix fort pour rallier l’île. Le Laos ne nous avait pas habitué à celà. Les laos qui assurent la traversée savent pertinemment que nous ne pouvons se passer de leurs services. Ils peuvent donc décider librement de ne pas revoir leur tarif à la baisse. Nos nerfs sont à la limite de l’explosion. On s’attendait à un tel comportement en Thaïlande, il n’en a rien été. Tant pis pour nous !

Note : toujours à propos des transports. Ils sont épuisants. Nous sommes très mal installés et les routes accidentées contribuent à notre hantise. Ajouter à ceci une petite pincée de risque. Nous avons aujourd’hui, par exemple, traversé un pont qui menaçait de s’écrouler. Les Laotiens ont-ils seulement peur de la mort ? Peut-être faut-il attendre que le pont s’écroule avec nous pour qu’on le restaure. Un sentiment de lassitude : les transports finissent par nous exaspérer.

Heureusement, le Laos recelle de sites exceptionnels. L’île de Don Khon est très belle, sauvage, très peu développée.

Le 11 mai 2000, Don Khon

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Nous partons ce matin de bonne heure pour les cascades de Khon. Elles sont prestigieuses et de loin les plus impressionnantes que nous ayons vu. Quelques filets sont jetés a l’eau. La pêche est fructueuse.

Le Mékong reprend ensuite sereinement et poursuit sa course au Cambodge.

De retour à notre Guest House, nous attendons que la grosse chaleur se dissipe et reprenons la route. Nous espérons voir des dauphins d’eau douce au sud de l’île. C’est l’unique endroit au monde où nous pouvons les observer.

La traversée de quelques kilomètres dans des sentiers habituels nous mène à un village où nous louons un bateau. Perchés sur un îlot, nous observons difficilement les quelques ailerons qui font surface.

Le taux d’humidité est à son plus fort. Aussi, nous connaissons nos premières sangsues. Expérience très désagréable. Nous retournons chez nous sous l’orage avec la plus grande précaution.


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Note : le Laos est un pays dangereux ! Chaque jour nous avons l’impression de mettre nos vies en péril. Entre les transports en commun, les ponts qui ne tiennent pas debout, les attentats, les attaques des guerillos, les méfaits de l’opium, les serpents dans les salles de bain, les sangsues dans la forêt, les noix de coco qui tombent du ciel, le Laos restera inoubliable.

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Le 12 mai 2000, Don Khon

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Il tient au cœur de chaque Laotien d’apprendre l’anglais. A chaque pause, et dieu sait s’il y en a, un petit bouquin leur permet d’en apprendre les phrases usuelles. Aussi, ce matin, nous avons décidé d’apporter notre contribution. Notre cuisinière quasi-particulière, en aura le privilège. Nous lui enseignons les bases.

Allez ! Deux kilomètres de route nous mènent aux chutes de Somphamit. Quoique différentes, elles sont tout aussi impressionnantes que les cascades de Khon. Encore une fois, des armatures de bambou sont dangereusement positionnées aux pieds des cascades. Les pêcheurs s’y exercent risquant leur vie.


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Le 13 mai 2000, Pakse

Avec hantise, nous reprenons le chemin de Pakse. Six heures nous sont nécessaires pour parcourir les cent kilomètres qui nous séparent de cette dernière. La route étant en construction, le bus emprunte des chemins de terre. Nous sommes parfois obligés de descendre, tant pour traverser des ponts accidentés, que pour alléger ce dernier lorsqu’il est enlisé. Tout ceci a quelque chose de folklorique. Nous ne voyons pas le temps passer.

Le soir, sur Pakse, à la recherche d’un restaurant, nous participons involontairement à une fête privée. C’est gentiment qu’un Laotien, ancien fonctionnaire sous l’administration coloniale française, parlant notre langue, nous accueille. Nous sommes invités à nous restaurer. Il nous explique les objets de cette cérémonie. A chaque évènements majeurs (naissance, mariage,...), des invités sont conviés à passer la soirée à déguster un festin. Usuellement selon leurs possibilités, ils font des offrandes et reçoivent la bénédiction de bouddha, représenté par le chef de famille. Le lendemain, la cérémonie se poursuit par la visite des bonzes. Les offrandes leur sont remisent, en échange ils donnent leur bénédiction à la famille ainsi qu’à l’objet de la cérémonie.

Le 14 mai 2000, Plateau des Bolavens

On prend le bus. Direction le plateau des Bolavens. Nous descendons du bus et parcourons le reste du chemin a pieds. Sous cette chaleur, nos sacs paraissent plus lourds.

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Le cadre est idyllique. Nous prenons place dans une chambre V.I.P. qui prédomine une cascade. Nous en profitons pour faire un break, contemplant et écoutant les chutes.

Note : au Laos, la femme n’est pas l’égal de l’homme. Elle n’a pas le droit de se trouver physiquement au dessus des hommes. Par ignorance, Laeti s’est énervée quand on s’est opposé à sa volonté de monter sur le toit du bus.

Le 15 mai 2000, Plateau des Bolavens

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Aujourd’hui, visite des environs à dos d’éléphant. Assis sur une banquette, nous admirons notre guide, confortablement installé sur la tête de l’éléphant, manœuvrer son compagnon. L’agilité de l’animal est surprenante. A travers la forêt, les chemins escarpés nous mènent aux villages alentours. La balade est d’autant plus charmante que notre point de vue est différent. Dans la forêt, nous dominons les arbres, dans les villages, nous observons l’intérieur des maisons sur pilotis. La traversée de quelques rizières conclura notre virée. D’ailleurs, aussi surprenant que cela puisse paraître, l’éléphant se déplace dans un équilibre parfait sur des lopins de terre dont la largeur n’excède pas le diamètre de sa patte.

Note : il est consternant de voir que la mendicité a gagnée le Laos. Dans plusieurs villages que nous avons traversés, les enfants quémandent. Dans les capitales provinciales, le phénomène a pris de l’ampleur. Ce sont des familles entières qui défilent. Il n’est pourtant pas difficile de se nourrir au Laos. Tout laisse à croire que le comportement du gouvernement, à la recherche systématique d’aides financières internationales, oeuvre en la faveur d’un tel phénomène. Souhaitons que cela ne perdure pas !

Le 16 mai 2000, Salavan

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Il nous reste une trentaine de kilomètres pour rejoindre Salavan. La ville, d’aspect campagnard, est très accueillante. Les seuls occidentaux que nous trouvons ici sont des militaires américains chargés de désamorcer des bombes datant de la guerre du Vietnam.

La saison des pluies ayant débutée, les routes environnantes sont impraticables. Nous sommes donc dans l’impossibilité de visiter les environs : Tumlan pour ses tissus, Tahoy pour sa culture chamanique et le lac de Nong Bua pour ses crocodiles.

Nous souhaitions visiter la province d’Attapeu. Les différentes mises en garde, verbales comme écrites, nous découragent dans notre choix. Nous repartirons donc un peu plus tôt sur la Thaïlande.

Note : Au Laos, l’information ne circule pas. Pourtant, nous n’avons jamais entendu parlé autant de morts que depuis notre arrivée dans ce pays. Nous n’avons jamais eu la sensation de risquer autant notre vie.

  • Un australien est mort à Muang Sing. Cause officielle : opium. Interdit par la loi, il n’est pas de cause plus utile au gouvernement pour se déculpabiliser de toute responsabilité. A l’heure de l’ouverture du Laos sur le tourisme, de tels bruits pourraient bien entendu apporter trop de nuisances.
  • Deux touristes ont été assassinés sur la route de Luang Prabang à Xieng Khuang il y a à peine dix jours.
  • Un anglais est mort à Vang Vieng, cinq jours avant notre arrivée. Cause officielle : opium.
  • Un serpent séjournait dans notre salle de bain à Ang Nam Num.
  • Une bombe à Vientiane, à 100 mètres du restaurant dans lequel nous nous trouvions, souffle un magasin.
  • Entre Vang Vieng et Vientiane, il y a trois mois, c’est un bus complet de laotiens qui s’est vu attaqué. L’ensemble des passagers ont été assassinés.
  • Sur la route de Pakse, nous n’avons pas vu moins de deux accidents mortels.
  • Sur Pakse, un vieux laotien nous met en garde contre la traite des blanches.

De ces multiples faits divers, rumeurs et autres, nous nourrissons une envie de quitter le pays, que nous adorons par ailleurs. Tous ces faits ne seront bien entendu pas officialisés. Nous ne les avons pas vécu, ils nous ont été rapportés par des voyageurs que nous avons croisés.

Une censure excessive favorise évidemment l’émergence de telles rumeurs. Il convient donc de prendre ces propos à la légère, car le Laos est une expérience inégalable, qu’il faut vivre à tous prix.

Le 17 mai 2000, Salavan

Aujourd’hui, nous quittons le Laos, des images plein la tête. Aussi surprenant que cela puisse paraître, compte tenu des rumeurs émises, nous nous sommes attachés à ce pays et regrettons déjà ce départ...

En guise de conclusion

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Le Laos fait partie intégrante de ces expériences dépaysantes. A jamais, il restera gravé dans nos mémoires car s’il est vrai qu’un nombre important de rumeurs (conséquence d’une censure trop importante), pour la plupart vérifiées, nous ont quelque peu effrayé, nous avons été marqués par cette population, on ne peux plus charmante, totalement désinteressée à l’égard de notre patrimoine financier. A repenser son homologue thailandais, nous n’avons jamais eu souvenir, par exemple, de compter l’addition pour y ajouter les quelques lignes que les vendeurs oublient d’apposer systématiquement...

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L’héritage communiste, les influences religieuses bouddhistes jouent probablement en faveur d’un tel phénomène. Ici, la recherche du profit n’est pas un objectif prioritaire. Chacun a son bout de terrain et peut subvenir, même difficilement, à ses besoins. Chacun prend le temps de vivre. Et puis, de toute façon, à constater le peu de biens de consommation, nous n’entrevoyons que difficilement ce à quoi l’argent pourrait bel et bien servir. Enfin bref, nos repères se sont éffondrés ! Des leçons de vie, voilà ce que nous avons acquis !

Les laotiens ne détiennent rien mais ils ont, pourtant, tant de chose à offrir ! ! !

Dans ce pays, il compte davantage de se laisser aller à prendre connaissance des us et coutumes locales, de se prendre de sympathie pour quelques personnages,... Le pays offre des paysages naturels à couper le souffle, paysages dans lesquels nous nous sentons parfaitement intégrés. Bref, où que nous nous trouvons, nous sommes chez nous.

Croiserons nous seulement d’autres peuples comme celui là ? Les contrées avoisinantes apporteront-elles autant ? Souhaitons le nous !


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La suite : La Thaïlande de l’est au sud-ouest


Publié le mercredi 17 mai 2000, par Eric Cuziat

 


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